Journée de rencontres internationales à Beyrouth
17 mai 2014

Une journée de rencontres internationales organisée par la Fondation Boghossian et l’Université Saint-Joseph

Université Saint-Joseph
Amphithéâtre Gulbenkian, Campus des sciences sociales
Rue Huvelin, Beyrouth, le 17 mai 2014

La Fondation Boghossian

La Fondation Boghossian poursuit plusieurs objectifs complémentaires, à la fois culturels, artistiques, pédagogiques et scientifiques, mettant en évidence les liens qui peuvent renforcer le dialogue entre les cultures d’Orient et d’Occident.

C’est dans cet esprit qu’elle avait organisé, le 21 septembre 2013, une journée de rencontres internationales ayant pour thème la complexité de la reconnaissance du génocide des Arméniens de 1915. Ces rencontres visaient à développer un échange de réflexions entre chercheurs, penseurs et créateurs sur cette douloureuse question. Suite à ces rencontres et au grand intérêt qu’elles avaient suscité, la Fondation Boghossian a pris l’initiative d’organiser de nouvelles rencontres sur le même thème. Ces rencontres se tiendront à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, le 17 mai prochain.

Cent années n’auront pas suffi aux peuples turc et arménien pour s’ouvrir à la possibilité d’une mémoire à partager. La charge passionnelle qui alimente l’opposition entre ces deux identités voisines étouffe la perspective d’un dialogue de fond sur le traitement du passé. Dans ce conflit entre un peuple qui demande la reconnaissance de épisode tragique de son histoire depuis près d’un siècle, et un autre qui refuse de reconnaître l’ampleur, mais surtout la nature de ce crime de génocide, il est très complexe d’engager un tel dialogue.

Approfondir la question de la reconstruction d’un dialogue mémoriel en prenant appui sur le cas du conflit sur la reconnaissance du génocide des Arméniens, constitue certainement une gageure. Néanmoins, c’est à partir de cette démarche reconstructive et en plaçant la discussion dans une perspective philosophique, que ces rencontres tentent d’appréhender le conflit par une approche plurielle.

En septembre 2013, la Fondation Boghossian a pris l’initiative de publier L’éthique reconstructive à l’épreuve de la reconnaissance du génocide des Arméniens, d’Evelyne de Mevius, préfacé par le philosophe français Jean-Marc Ferry.

C’est à travers une mise à l’épreuve de l’éthique reconstructive que cette jeune philosophe aborde la difficile question du génocide des Arméniens dans cette étude très approfondie.

En 2011, Evelyne de Mevius a obtenu son diplôme de philosophie à l’Université Libre de Bruxelles et a obtenu le Prix Raymond et Lucie Olbrechts-Tyteca de la Faculté de Philosophie et Lettres au terme de cette formation philosophique.

Informations

FONDATION BOGHOSSIAN – VILLA EMPAIN
Centre d’art et de dialogue entre les cultures d’Orient et d’Occident

Email: info@boghossianfoundation.be
Site Web: www.fondationboghossian.com

UNIVERSITE SAINT-JOSEPH
Facultés des lettres et des sciences humaines

Email: flsh@usj.edu.lb
Site Web: www.flsh.usj.edu.lb

Voir le programme

Au programme le 17 mai 2014

9h30 : Accueil des invités par Christine Babikian Assaf, historienne et doyenne de la Facultés des Lettres de l’Université Saint-Joseph, et par Jean Boghossian, président de la Fondation Boghossian

Turquie-Arménie : Quelle dualité ?

10h00 : Le tabou arménien
Dialogue entre Michel Marian, maître de conférence à l’Institut d’Etudes politiques de Paris et membre du Comité de rédaction de la revue Esprit et Ahmet Insel, professeur à l’Université de Galatasaray et maître de conférence à Paris I

11h00 : Pause café

11h30 heures : Turquie et Arménie : au-delà de l’âge des nationalismes ?
Discussion entre Raymond Kévorkian, historien et directeur de la Revue d’Histoire arménienne contemporaine, Guillaume Perrier, journaliste français et correspondant à Istanbul pour le journal Le Monde depuis 2004, co-auteur avec Laure Marchand du livre La Turquie et le fantôme arménien (Ed. Actes-Sud)

13 heures – 14h30 : Déjeuner

Construction et reconstruction

14h30 : Réflexions de Henry Laurens, professeur au Collège de France, historien et expert du Proche et du Moyen-Orient.

15h15 : La reconstruction et le pardon
Discussion entre Evelyne de Mevius, philosophe et auteur du livre L’éthique reconstructive à l’épreuve du conflit sur la reconnaissance du génocide des Arméniens (Ed. Fondation Boghossian, septembre 2013) et François Dermange, professeur ordinaire d’éthique à la Faculté de Théologie à l’Université de Genève

16 h15 : Pause-café

16h45 : L’indicible et l’image
Discussion entre Sibel Asna, membre de la Fondation Hrant Dink à Istanbul, Marie Aude Baronian, philosophe et professeur à l’Université d’Amsterdam, et Serra Yilmaz, actrice de cinéma turque

Conclusion

17h45 : Reconstruire le dialogue mémoriel
Table ronde réunissant les participants sous la direction de Henry Laurens

Présentation des orateurs

Sibel Asna
Présidente et fondatrice de A&B Communications, première agence de relations publiques en Turquie, Sibel Asna a joué un rôle actif au sein de nombreuses associations culturelles et d’organisations non gouvernementales défendant les Droits de l’Homme et du respect de l’environnement. Elle est également membre du conseil de la Fondation Hrant Dink, dont un des objectifs est de développer les relations culturelles entre les peuples de Turquie, d’Arménie et d’Europe, en soutenant le processus de démocratisation de la Turquie.

Marie-Aude Baronian
Docteur en philosophie et études cinématographiques, Marie-Aude Baronian enseigne l’esthétique filmique, la culture visuelle et la philosophie de l’image à l’Université d’Amsterdam. Elle a publié en 2013 Mémoire et image. Regards sur la catastrophe arménienne (Ed. L’Age d’homme) et Cinéma et mémoire. Sur Atom Egoyan (Ed. Académie de Belgique).

Evelyne de Mevius
Après son diplôme de philosophie obtenu en 2011 et un master en études européennes, Evelyne de Mevius a reçu le Prix Lucie Olbrechts-Tyteca de la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université Libre de Bruxelles. Elle travaille actuellement à l’UNITAR, institution des Nations-Unies pour la formation et la recherche basée à Genève.

François Dermange
Après des études de théologie à Paris et à Genève, François Dermange défend une thèse de doctorat sur l’éthique commerciale et devient ensuite professeur d’éthique à la Faculté de Théologie de l’Université de Genève.

Ses recherches portent sur l’éthique, plus spécifiquement sur l’influence de Calvin dans certains domaines de l’éthique fondamentale et de l’éthique appliquée. L’éthique de l’économie et du développement durable, les éthiques comprises dans une perspective philosophique et théologique, ainsi que l’éthique de Paul Ricoeur constituent également les terrains privilégiés de ses travaux.

Ahmet Insel
Né à Istanbul dans une famille turque et musulmane, diplômé de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Ahmet Insel commence à enseigner en 1987 dans le département d’économie dans la même université. Il est ensuite nommé professeur à l’Université de Galatasaray (Istanbul), dont il prend la direction du département d’économie en 2007. De 1990 à 1994, il devient doyen du département des affaires économiques de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. De 1994 à 1999, il en devient vice-président et coordonne le consortium des universités françaises pour la coopération au sein de l’Université de Galatasaray. Economiste et politologue, Ahmet Insel est l’un des fondateurs de la maison d’édition turque Iletisim et, depuis 1992, éditeur d’Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature. En décembre 2008, il est l’un des quatre intellectuels turcs qui lancent un appel d’excuses aux torts faits aux Arméniens : « Au nom de l’humanité, cette conduite était un crime », cette pétition lancée sur internet est signée par plus de 30000 Turcs. Un mois après cette initiative, une soixantaine d’Arméniens français et canadiens y répondent par un « Merci aux citoyens turcs ». Par la suite, il publie un livre d’entretien (Ed. Liana Levi, 2009) avec Michel Marian sous le titre Dialogue sur le tabou arménien.

Raymond Kévorkian
Historien d’origine arménienne, professeur à l’Institut français de Géopolitique de l’Université Paris-VIII-Saint-Denis, conservateur de la Bibliothèque Nubar à Paris, Raymond Kévorkian est également directeur et rédacteur de la revue d’Histoire arménienne contemporaine et de la Revue Arménienne

des questions contemporaines. Auteur d’une dizaine d’ouvrages consacrés à l’histoire moderne et contemporaine de l’Arménie et des Arméniens, on lui doit notamment Les Yeux Brûlants. Mémoire des Arméniens, avec Antoine Agoudjian, (Ed. Actes Sud, 2006), Le Génocide des Arméniens, (Ed. Odile Jacob, 2006), Une mémoire arménienne, avec Yervant Der Goumcian (Ed. Direction du Patrimoine du Conseil général de l’Isère, 2007).

Henry Laurens
Agrégé en histoire, docteur d’Etat (France), professeur à l’Université de Paris-Sorbonne et au Collège de France, Henry Laurens figure parmi les meilleurs spécialistes du Proche et du Moyen-Orient où il a effectué de nombreux séjours, en particulier au Koweït, en Syrie, en Egypte et au Liban. On lui doit de nombreuses publications sur l’histoire et l’actualité de cette partie du monde.

Michel Marian
Né à Paris dans une famille d’arménienne, agrégé en philosophie, Michel Marian enseigne les sciences politiques dans sa ville natale. Il est maître de conférences à l’IEP, chroniqueur politique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit. On lui doit de nombreux articles sur les questions arméniennes, notamment dans la revue Esprit et le magazine Nouvelles d’Arménie.

Guillaume Perrier
Journaliste français, correspondant à Istanbul depuis 2004 pour le journal Le Monde et collaborateur de plusieurs autres médias de la presse francophone, auteur du blog Au fil du Bosphore, Guillaume Perrier est diplômé en sciences politiques. Depuis l’ouverture des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, depuis la montée en puissance d’Erdogan et de l’AKP jusqu’aux manifestations de la place Taksim d’Istanbul, il suit avec attention les questions de politique et de démocratie, la question kurde et la question arménienne depuis une dizaine d’années. Guillaume Perrier est co-auteur avec Laure Marchand du livre préfacé par Taner Akcam, La Turquie et le fantôme arménien (Ed. Actes Sud / Solin, 2013).

Serra Yilmaz
Actrice de cinéma et de théâtre, Serra Yilmaz est aujourd’hui considérée comme une des plus grandes figures de la scène artistique turque. C’est en 1983 qu’elle obtient son premier rôle de cinéma, suivi par de nombreux rôles sous la direction de réalisateurs célèbres, dont Omer Kavur et Ferzan Ozpetek.

En Turquie, on la retrouve aussi à la télévision où elle anime un talk-show tous les dimanches. Au théâtre, elle est également célèbre en Italie où elle réside régulièrement.

Introduction Jean Boghossian, 17-mai 2014 | Télécharger l’article
La reconstruction mémorielle Evelyne de Mevius, 17 mai 2014 | Télécharger l’article