Art is the Answer ! Artistes et designers libanais contemporains
29 mars 2012 – 02 septembre 2012

Après des actions humanitaires menées depuis 1998 en Arménie et au Liban, la Fondation Boghossian s’est également donné l’objectif de contribuer le plus concrètement possible au dialogue entre les cultures d’Orient et d’Occident. C’est dans ce but qu’elle a installé son siège à la Villa Empain, joyau de l’architecture Art déco bruxelloise. Après sa complète restauration, ce magnifique édifice a ouvert ses portes au public en avril 2010.

La Fondation Boghossian y propose des expositions, des concerts, des conférences, des rencontres internationales qui réunissent et confrontent certains aspects de ces différentes cultures.

L’art a pris une part essentielle dans cette démarche. Il faut comprendre ici l’art comme un langage universel, un moyen de communication entre différentes cultures, une volonté de partage et de dialogue qui traverse le temps et les frontières.

Art is the answer !

Parallèlement au lancement du prix annuel décerné à des jeunes créateurs libanais par la Fondation Boghossian, celle-ci a pris l’initiative de présenter à Bruxelles une exposition offrant une vision significative de la scène artistique contemporaine au Liban.

L’exposition Art is the answer! propose une sélection d’oeuvres réalisées par une vingtaine de créateurs témoignant de la vitalité de la scène artistique qui caractérise le Liban actuel.

Il s’agit bien entendu d’une sélection limitée de l’actualité artistique libanaise, qui reflète avant tout le souhait de permettre au public bruxellois de découvrir des artistes rarement exposés dans la capitale européenne et de lui faire prendre conscience de leurs spécificités autant que de leurs inspirations communes avec les artistes d’Occident.

Dans de nombreux pays arabes, la modernité artistique a mis du temps à sortir de scènes locales ou spécialisées et il a fallu attendre le début des années 2000 pour que se développe une véritable dynamique en faveur des créateurs orientaux.

Du côté arabe, l’art révèle désormais sa qualité d’instrument permettant d’exprimer les frustrations et humiliations vécues par des peuples dans la tourmente; du côté occidental, la peur face à des menaces terroristes se mêle de curiosité pour des cultures souvent méconnues. C’est dans ce contexte, que le Liban affirme ses singularités.

Pendant les années 1960, les guerres israélo-arabes et la profusion de régimes autocratiques voisins font de Beyrouth un havre de liberté et d’innovation.

Mais les années 1975-1976 se marquent de violence et c’est sous les bombes qu’une nouvelle génération va tenter de vivre et de s’exprimer.

Quinze années durant, le pays vit en rupture avec la normalité, écartelé entre des forces contradictoires et meurtrières. Les années 1990 sont placées sous le signe de la reconstruction. Le Liban veut tourner la page, l’Etat s’investit dans la réhabilitation des infrastructures et confie à une société privée l’élaboration d’un projet directeur pour le centre-ville de la capitale.

Dans le chantier de la future mégapole du XXIe siècle, nombreux sont ceux qui réclament un travail de mémoire. A la loi amnistiant les crimes de guerre, ils répondent par une volonté de documenter l’Histoire de ces années de guerre. S’amorcent ainsi des nouvelles pratiques artistiques: performances, installations, vidéos, musique, photographie, cinéma vont donner naissance à des expériences originales. Produites avec des moyens très réduits, ces expérimentations investissent des lieux insolites, parfois délabrés, et poussent le débat sur la place publique. Pierres angulaires des créations libanaises des années 1990 et 2000, l’investigation de l’histoire récente et l’évocation de ses fantômes permettent d’exprimer tout un éventail de problématiques liées à la culture urbaine.

Au début des années 2000, le Liban revient brusquement à la une de l’actualité. De l’assassinat de Rafic Hariri aux manifestations qu’il provoque, de la guerre de juillet 2006 à la période d’instabilité qui risque ensuite de tourner en catastrophe, les spectres du conflit remontent à la surface. Restés au pays ou installés à l’étranger, les artistes vont réagir avec une rapidité déconcertante et diffuser, en simultané aux raids de l’aviation israélienne, des films courts, des dessins, des textes, des productions sonores et visuelles.

Nombre de ces pièces réalisées dans l’urgence seront exposées à travers le monde durant les mois qui suivront ces fameux trente-trois jours. De Dubaï à Sydney en passant par Londres, Venise et New York, le public est avide de voir et d’entendre ce que les Libanais ont à exprimer. La scène artistique libanaise réussit ainsi à imposer ses goûts, ses idées, ses peurs et ses rêves bien au-delà de ses frontières.

L’Occident la découvre avec fascination tandis que les pays du Golfe se lancent dans une surenchère de foires, de biennales artistiques et de nouveaux musées.

Les artistes libanais y sont invités avec tous les honneurs, alors qu’en 1990, ils n’étaient considérés que comme de jeunes agitateurs.

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Les artistes sélectionnés pour l’exposition Art is the answer !

Ziad Abillama, Ziad Antar, Ayman Baalbaki, Mohamad-Said Baalbaki, Chaza Charafeddine, Zena el Khalil, Fouad Elkoury, Najla el Zein, Hiba Kalache, Karen Kalou, Nadim Karam, Abdulrahman Katanani, Taline Kechichian, Alfred Tarazi ; Design et stylisme : Karim Chaya, Karen Chekerdjian, Nada Debs, Milia Maroun, Wyssem et Cécile Nochi, Ranya Sarakbi

En guise de bienvenue aux artistes libanais invités, le photographe français résidant à Bruxelles Franck Christen a choisi de présenter deux de ses oeuvres à la Villa Empain : Cèdres, Bcharré, 2002, courtesy Galerie Kettaneh Kunigk, Beyrouth.

La Fondation Boghossian édite ce dyptique en affiche, à 500 exemplaires.
Le catalogue de l’exposition, introduit par Gregory Buchakjian, historien de l’art, est publié en français et en anglais.

L’exposition et le catalogue sont coordonnés par Diane Hennebert et Christophe Dosogne, assistés par Magali Defrenne.

La Fondation Boghossian bénéficie de la collaboration de Solidere pour l’organisation de ce projet. Après sa présentation à Bruxelles, l’exposition sera présentée au début de l’année 2013 au Beyrouth Exhibition Center.
La Fondation Boghossian est également associée à Art Brussels (foire d’art contemporain annuelle de Bruxelles, avril) et au Beirut Art Fair (juillet), qui participent à la promotion de cette exposition.

La Fondation Boghossian organisera à la Villa Empain des rencontres internationales, les 24, 25 et 26 avril 2012, sous le titre Art is the answer ! Ces rencontres donneront l’occasion d’aborder avec des créateurs et philosophes le concept de l’art compris comme un état d’esprit et un mode de vie, une réponse créative aux conflits.

Remerciements

La Fondation Boghossian remercie tous ceux qui ont contribué à l’organisation de cette exposition, principalement Solidere, partenaire de la Fondation Boghossian pour cette exposition, les artistes exposés,
Shirin Abali,
Randa Armanazi, Solidere, Beyrouth
David Atal, Fotodart, Paris
Sam Bardaouil
Gregory Buchakjian
Sarkis Buchakjian
Caline Chidiac, Nada Debs Studio, Beyrouth
Franck Christen
Sandra Dagher
Laure d’Hauteville, Beirut Art Fair
Martine de Limburg Stirum, Art Brussels
Nada el Asaad, Association for the Promotion & Exhibition of the Arts in Lebanon, Beyrouth Léa Gauthier, Black Jack Editions, Bruxelles
Rose Issa
Nadim Karam & Atelier Hapsitus, Beyrouth
Martine Kiwan, Nadim Karam & Atelier Hapsitus, Beyrouth
Arlette Khoury, Solidere, Beyrouth
Janine Maamari
Omar M. Mazhar, Rose Issa Projects, Londres
Alexandre Medawar, Logic +Format, Beyrouth
Jessica Morgan, The Daskalopoulos Curator Internatinal Art, Tate Modern, Londres Stéphanie Moussalem,
spockdesign, Beyrouth
Edith Moussali, Karen Chekerdjian Store, Beyrouth
Anastasia Nysten, Karen Chekerdjian Studio, Beyrouth
Pascal Odille, Beirut Art Fair
Maya Parisi, Jopa Editions, Bruxelles
Mary Salame Boghossian
Diane Yared, Solidere, Beyrouth
Saleh Barakat, Agial Art Gallery, Beyrouth
Carol A. Chehab, Agial Art Gallery, Beyrouth
Aïda Cherfan, Aïda Cherfan Fine Arts Gallery, Beyrouth
Verena Ferraro, Galerie Tanit, Munich
Naïla Kettaneh Kunigk, l’Espace Kettaneh Kunigk, Beyrouth, Galerie Tanit, Munich
Almine Rech, Almine Rech Gallery, Bruxelles et Paris
Khaled Samawi, Ayyam Gallery, Beyrouth, Damas et Dubaï
Lea Sebnaoui, The Running Horse Contemporary Art Space, Beyrouth

La Fondation Boghossian bénéficie également du soutien de la Région de Bruxelles-Capitale, la Loterie Nationale de Belgique, la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone), Jean Verheyen, Member of Axa Group, le Cercle des Amis de la Villa Empain.