Les égyptomanies depuis le XIXe siècle
Les 20, 21 et 22 novembre 2012

La campagne du général Bonaparte, l’ouverture du Canal de Suez en 1869, la découverte de la tombe de Toutankhamon en 1922, la vogue des grandes expositions universelles, les planches d’Edgar P. Jacobs et de Hergé, le cinéma hollywoodien des années 1960 ont contribué à l’essor de l’égyptomanie moderne. Source d’inspiration et de fascination, l’image de l’Egypte ancienne s’est déclinée de mille façons jusqu’à aujourd’hui et cela, dans tous les domaines.

Dans le cadre de l’exposition Egyptomanies depuis le XIXe siècle. Edouard et Cléopâtre, présentée à la Villa Empain jusqu’au 10 février 2013, la Fondation Boghossian invite plusieurs spécialistes de l’Egypte et de ses influences sur les cultures occidentales modernes.

Plusieurs axes sont abordés lors de trois soirées successives : les racines de l’égyptomanie moderne, les grandes figures féminines de l’égyptomanie (Isis, Cléopâtre et les stars du cinéma de l’après-guerre 40-45), les influences et réalisations d’inspiration égyptienne dans l’architecture et les arts décoratifs.

Parler, écouter et dialoguer autrement – 20, 21 et 22 novembre 2012

Les 20, 21 et 22 novembre 2012, la Fondation Boghossian invite le public à rencontrer des personnalités qui s’expriment et dialoguent entre 19 heures et 21h30. Ces rencontres se tiennent en français et sont suivies de débats avec le public.

Villa Empain, le 20 novembre 2012

19 heures : Introduction par Fadila Laanan, Ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Egalité des Chances de la Fédération Wallonie-Bruxelles

19h30 : L’égyptomanie avant la lettre : au pays de l’architecte Hiram et des artisans du temple de Jérusalem
par Eric Gubel, archéologue et directeur du département des Antiquités aux Musées royaux d’Art et d’Histoire de Belgique.
L’intérêt grandissant pour l’égyptomanie dans les arts décoratifs occidentaux a, d’une certaine manière, occulté les racines de cette tendance que l’on retrouve dans plusieurs civilisations du bassin méditerranéen depuis des millénaires. La civilisation phénicienne en est l’exemple par excellence, offrant un style égyptisant riche de multiples connotations.

20h15 : Le lotus et l’oignon. Egyptologie et égyptomanie en Belgique au XIXe siècle par Eugène Warmenbol, chargé de cours à l’Université libre de Bruxelles et conseiller scientifique de l’exposition Egyptomanies depuis le XIXe siècle. Edouard et Cléopâtre. Partant de la campagne d’Egypte de Bonaparte aux voyages entrepris par les artistes belges au milieu du XIXe siècle et à la création des collections des musées royaux de Belgique, Eugène Warmenbol retrace les moments forts de l’engouement pour l’Egypte qui caractérise cette période. Cette étude vient de faire l’objet de deux ouvrages qui seront présentés et dédicacés lors des rencontres.

21 heures : Drink avec les orateurs

Villa Empain, le 21 novembre 2012

19 heures : Présentation des orateurs par Diane Hennebert

19h15 : Isis, idéal féminin pour l’éternité
par Florence Quentin, auteur du livre Isis L’Eternelle, Biographie d’un mythe féminin (Ed. Albin Michel, 2012).

Isis, déesse préférée des pharaons aux multiples métamorphoses et vertus, se retrouve à peine masquée sous les traits des Vierges romanes, dans les compositions de Mozart, à travers la littérature romantique, dans les fêtes de la Révolution française et les rites de la franc-maçonnerie, jusque dans les fantasmes contemporains d’une égyptomanie qui ne cesse de se renouveler.

20 heures : Usages et mésusages de Cléopâtre dans l’imagerie occidentale,
par François de Callataÿ, chef de département à la Bibliothèque royale de Belgique et professeur à l’Université libre de Bruxelles.
La figure de Cléopâtre a engendré une infinité de représentations qui ont dérivé au cours des siècles, pour arriver aujourd’hui à une incarnation idéalisée de la beauté féminine. De la Renaissance aux Préraphaélites, de Claudette Colbert à Naomi Campbell, en passant par Liz Taylor et la publicité, cette évocation tente de dégager quelques lignes de force dans cet océan d’images et de fantasmes.

20h45 : Jeanne Toussaint, les nouveaux horizons créatifs de la Maison Cartier
par Michel Aliaga, responsable de la communication de l’histoire, du style et de l’identité de la Maison Cartier.
Née à Bruxelles, Jeanne Toussaint est une figure majeure des années folles à Paris, aux côtés de Louis Cartier. C’est avec le célèbre joaillier qu’elle placera l’Orient et l’Egypte au sommet de l’inspiration de splendides créations. L’histoire de cette femme hors du commun, surnommée parfois « la panthère « , croise celle de personnalités aussi célèbres que Cocteau, son amie Coco Chanel, Proust et James de Rothschild.

21h30 : Drink avec les orateurs

Villa Empain, le 22 novembre 2012

19 heures : Présentation des orateurs par Diane Hennebert

19h15 : L’égyptomanie déclinée dans les arts décoratifs
par Jean-Marcel Humbert, égyptologue et conservateur général honoraire du patrimoine de France, auteur de nombreux ouvrages et catalogues d’expositions sur l’égyptologie et l’égyptomanie. Au fil du temps, innombrables sont ceux qui ont essayé de s’approprier l’Egypte en faisant édifier une fabrique, un portail, une maison, ou en réalisant des meubles, objets décoratifs, peintures ou sculptures. Mais il s’agit le plus souvent d’une Egypte rêvée, recréée, réinventée selon les modes.

20 heures : L’Egypte, source intarissable d’inspiration pour la porcelaine de Sèvres
par Eric Moinet, conservateur en chef de l’établissement public Cité de la Céramique Sèvres et Limoges.
L’influence de l’Egypte apparaît puis réapparaît régulièrement au fil de la production de la Manufacture de Sèvres. Qu’il s’agisse d’objets d’art, de formes, de décors, d’éléments de mobilier, la mode réclame de manière récurrente, tout particulièrement au XVIIIe siècle, des figures, signes et évocations qui rappellent l’Egypte et la fascination qu’elle exerce sur l’Occident.

20h45 : Héliopolis. L’invention d’une ville par Edouard Empain
par Anne Van Loo, secrétaire générale de la Commission royale des Monuments et Sites de la Région de Bruxelles-Capitale. Fondée à partir de 1905 dans le désert égyptien par Edouard Empain, Héliopolis incarne à la fois un mythe et une réussite urbanistique fascinante. Rattrapée durant les années 1960 par la mégalopole du Caire dont elle devient un des quartiers les plus prisés, Héliopolis puise son identité forte dans un style unique qui revisite les cultures d’Orient et les allie à l’Art nouveau et à l’Art déco.

21h30 : Drink avec les orateurs

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Présentation des orateurs

Michel Aliaga est responsable de la communication de l’histoire, du style et de l’identité de la Maison Cartier, ainsi que des projets éditoriaux (Flammarion, Skira, Editions du Regard) et des publications institutionnelles. Ses recherches portent sur l’inventaire et la diffusion de l’ensemble des éléments qui constituent l’essence même de la Maison Cartier et son impact sur les arts, l’art de vivre et les médias.

François de Callataÿ est chef de département à la Bibliothèque royale de Belgique, professeur à l’Université libre de Bruxelles et directeur d’études à l’Ecole pratique des Hautes Etudes (Paris Sorbonne). Membre de l’Académie royale de Belgique (Lettres, Sciences morales et Politiques), de l’Institut de France et de l’Academia Europaea (History & Archeology), il est spécialiste des monnaies grecques et de l’économie antique et a obtenu le Prix Francqui en 2007 pour l’ensemble de ses recherches.

Eric Gubel dirige le département des Antiquités aux Musées royaux d’Art et d’Histoire du Cinquantenaire (Bruxelles) et assure la coordination du pôle d’attraction interuniversitaire Greater Mesopotamia depuis 2012. Chargé de cours à la Vrije Universiteit van Brussel (VUB) sur l’Egypte, la Mésopotamie et le Levant, il est également l’auteur de nombreuses publications et expositions, ainsi que fouilleur de sites phéniciens au Proche-Orient depuis 1976. Auteur du premier Dictionnaire de la civilisation phénicienne et punique et Les Phéniciens. Aux origines du Liban (Ed. Gallimard, coll. Découvertes), en collaboration avec l’historienne Françoise Briquel-Chatonnet, il prépare actuellement un recueil de la glyptique phénicienne conservée dans les collections publiques françaises, après avoir publié le Catalogue de la sculpture phénicienne au Louvre.

Jean-Marcel Humbert est docteur d’Etat ès lettres et sciences humaines, et docteur en égyptologie (Paris IV – Sorbonne). Conservateur général honoraire du patrimoine, il a dirigé plusieurs musées nationaux français avant d’intégrer l’Inspection générale de la Direction des Musées de France au Ministère de la Culture. On lui doit plusieurs expositions en France et sur la scène internationale : Péplum (Lyon et Saint-Romain en Gal, 2012-2013), Bonaparte et l’Egypte (Paris et Arras, 2008-2009), Rêve d’Egypte (Paris, 1998), L’Egypte à Paris (Paris, 1998), Egyptomania (Paris, Ottawa et Vienne, 1994-1995). Outre les catalogues de ces expositions, il a publié de nombreux ouvrages, dont L’Egyptomanie dans l’art occidental (Paris, 1989), L’Egyptomanie à l’épreuve de l’archéologie (Paris, 1996), France-Egypte (Paris, 1998), Imhotep Today : Egyptianizing architecture (Londres, 2003).

Eric Moinet est médiéviste et spécialiste en arts décoratifs. De 1991 à 2000, il a été conservateur du Musée d’Orléans, avant de devenir le conseiller pour les musées en Rhône-Alpes et à l’Inspection des Musées de France. En 2004, il a été nommé conservateur en chef du Musée Lorrain de Nancy et depuis 2010, il est directeur du département du patrimoine et des collections de l’établissement public Sèvres-Cité de la Céramique.

Florence Quentin est écrivain, journaliste et conférencière. Depuis 2005, elle collabore régulièrement au Monde des Religions, dont elle assure actuellement la fonction de rédactrice en chef. Diplômée en égyptologie de l’Université de Montpellier et de Paris IV-Sorbonne, elle a publié plusieurs essais sur l’Egypte ancienne et sur la fascination qu’elle exerce sur l’imaginaire occidental (La Belle au sable dormant, Studio Philippe Biermé, 1993 ; Fous d’Egypte, Ed. Bayard, 2005 ; Isis l’éternelle, biographie d’un mythe féminin, Ed. Albin Michel, 2012). Elle dirige également la préparation d’un ouvrage collectif sous le titre Le Livre des Egyptes, savoirs et imaginaires (Ed. R. Laffont, coll. Bouquins, 1000 pages, 70 auteurs, 2013). A la Sigmund Freud University (SFU, Paris), elle propose une approche jungienne des mythes et des symboles dans ses cours et conférences.

Eugène Warmenbol est chargé de cours à l’Université libre de Bruxelles où il occupe la chaire de protohistoire européenne. Archéologue, il a travaillé en Egypte et en Syrie, mais se consacre actuellement au Nord-Ouest de l’Europe et plus particulièrement à la Gaule Belgique. L’historiographie des recherches archéologiques le retient depuis sa thèse de doctorat (2000), publiée sous le titre Egyptologie et égyptomanie en Belgique au XIXe siècle. Le lotus et l’oignon (Ed. le Livre Timperman, 2012).Il vient également de terminer un ouvrage consacré à l’Orientalisme en Belgique. Florent Mols et Jacob Jacobs en Egypte (1838-1839) (Ed. racine, 2012). Il est également conseiller scientifique de la Fondation Boghossian pour l’exposition Egyptomanies depuis le XIXe siècle. Edouard et Cléopâtre.

Anne Van Loo est docteur en architecture et urbanisme, secrétaire permanente de la Commission royale des Monuments et Sites de la Région de Bruxelles-Capitale depuis 1993. De 1999 à 2003, elle a assuré la direction éditoriale du Dictionnaire de l’architecture en Belgique de 1830 à nos jours. C’est dans le cadre de ses recherches, notamment pour les Archives d’Architecture moderne (Bruxelles), qu’elle s’intéresse à la création de la ville d’Héliopolis à laquelle elle consacre un ouvrage avec l’égyptologue belge Marie-Cécile Bruwier en 2010 (Ed. Fonds Mercator). Elle a également édité les mémoires de l’architecte Henry van de Velde sous le titre Récit de ma vie (Bruxelles-Paris, 1992-1995).

Remerciements

La Fondation Boghossian remercie tous ceux qui ont contribué à l’organisation de ces rencontres internationales, principalement
Fadila Laanan,
les orateurs,
la Fédération Wallonie-Bruxelles,
la RTBF et la Loterie nationale,
le Cercle des Amis de la Villa Empain.

Ces rencontres internationales ont été coordonnées par Diane Hennebert, Chargée de la Direction de la Fondation Boghossian.