L’Orient et l’Occident désorientés ?
les 9, 10 et 11 novembre 2010

Le thème directeur des rencontres internationales
Il semble que l’Orient et l’Occident soient actuellement « désorientés » dans leurs valeurs, dans l’équilibre traditionnel de leurs forces et influences, à travers l’évolution de leur développement économique, culturel, spirituel et intellectuel. Un certain « ensauvagement » résulte de ces changements, observable notamment dans les grandes villes d’aujourd’hui.
Dès lors, de nombreuses questions se posent et s’expriment au niveau social, environnemental et artistique.
Parmi ces questions, la Fondation Boghossian souhaite se pencher en priorité sur celles-ci :

1. Peut-on considérer la création artistique comme une source valable de résistance et de nouveaux repères face à cette désorientation ? Autrement dit, quel est et sera le rôle des architectes et urbanistes, des poètes et écrivains, des musiciens et dramaturges, des plasticiens et des designers dans les changements observables en Orient et en Occident ?

2. Au-delà des enjeux géostratégiques, politiques et économiques, quels seraient les principes qui pourraient nous inspirer et nous mobiliser au profit de la paix, d’une meilleure équité et d’un respect mutuel?

Après avoir organisé en 2008 les rencontres internationales qui analysaient la perception de la modernité en Orient et en Occident sous le titre évocateur de Temps long / Temps court, la Fondation Boghossian a pris l’initiative d’inviter à Bruxelles de nombreuses personnalités à partager cette réflexion en public, les 9, 10 et 11 novembre 2010.

La soirée inaugurale à Flagey
La soirée d’ouverture des rencontres internationales a été organisée à Flagey (Studio 4, 850 personnes), le 9 novembre 2010, à 19 heures.

Deux conférences d’une durée respective de 30 minutes ont été proposées , introduites par Jean Boghossian, Président de la Fondation Boghossian et par la Ministre de l’Audiovisuel, de la Culture, de la Santé et de l’Egalité des Chances de la Communauté française de Belgique.

Un cocktail dînatoire a suivi cette séance inaugurale, ainsi que la projection du film En attendant le bonheur (2002), en présence de son réalisateur, Abderrahmane Sissako.

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Parler, écouter et dialoguer autrement

Le programme
Flagey, le 9 novembre 2010

19 heures : Introduction des rencontres internationales par Jean Boghossian, Président de la Fondation Boghossian, et par la Ministre de l’Audiovisuel, de la Culture, de la Santé et de l’Egalité des chances de la Communauté française de Belgique

19h45 : Les Orients, par Henry Laurens, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d’Histoire contemporaine du monde arabe

20h15 : Des bonnes manières et du raffinement en Orient, par Malek Chebel, anthropologue, philosophe et écrivain, auteur de nombreux livres, dont Le Livre des séductions, et la fameuseEncyclopédie de l’Amour en Islam

21 heures: Cocktail dînatoire

22 heures: Projection du film En attendant le bonheur (2002), en présence de son réalisateurAbderrahmane Sissako

Villa Empain, le 10 novembre 2010

19 heures : De L’Orient à l’Occident et retour, réflexions croisées de Edhem Eldem, historien et Professeur à la Faculté d’Histoire de l’Université de Bogazici de Istanbul et de Gilbert Sinoué, écrivain et auteur de nombreux romans inspirés de l’Orient

20 heures : Par-delà les frontières et les différences, réflexions croisées de Abderrahmane Sissako, cinéaste et Vice Président de l’Agence France-Culture, et de Adelina von Fürstenberg, Présidente et fondatrice de ART of the World, ONG associée au Département de l’Information publique de l’ONU

Rencontres animées par Roger-Philippe Bertozzi, spécialiste du monde arabe et conseiller des Emirats arabes unis dans leurs échanges institutionnels et commerciaux avec l’Europe

21 heures : Cocktail dînatoire

22 heures : Projection du film Les Chats persans (2009), de Bahman Ghobadi, Prix spécial du Jury au Festival de Cannes en 2009

Villa Empain, le 11 novembre 2010

19 heures : Courage, éthique et lucidité dans la diversité, réflexions croisées de Dominique Baudis, Président de l’Institut du Monde arabe de Paris et député européen, de Bernard Coulie, Professeur et Recteur honoraire de l’Université catholique de Louvain, et de Edouard Jakhian, avocat et ancien Bâtonnier de Bruxelles

20 heures : Arts anciens et contemporains à la recherche de l’universel, réflexions croisées de Nabil Ben Yadir, cinéaste, de Maïmouna Guerresi, plasticienne, et de Didier Viviers, historien et archéologue, Doyen de la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université de Bruxelles

Rencontres animées par Sophie Basch, Professeur à la Sorbonne, spécialiste de l’image de la Méditerranée orientale dans la littérature française des XIXe et XXe siècles

21 heures : Cocktail dînatoire

22 heures : Projection du film Les Barons (2009), de Nabil Ben Yadir

Présentation des personnalités invitées

Sophie Basch, Professeur à la Sorbonne, spécialiste de l’image de la Méditerranée orientale dans la littérature française des XIXe et XXe siècles, a notamment publié Les Sublimes portes. D’Alexandrie à Venise, parcours dans l’Orient romanesque (2004) et a organisé de nombreux colloques internationaux à Athènes et à Paris. Actuellement, elle prépare la publication des Voyages en Orient de Alphonse de Lamartine, qui sortira de presse en avril 2011 aux Editions Gallimard.

Dominique Baudis débute sa carrière comme journaliste à la Radio et Télévision libanaises. Il devient ensuite correspondant sur le Moyen-Orient pour la première chaîne de télévision française et pour FR3. En 1983, il devient Maire de Toulouse avant de devenir député européen et Député de Haute-Garonne à l’Assemblée nationale française. En 2000, il est nommé Président du Comité éditorial du Figaro et l’année suivante, Président du Conseil supérieur de l’Audiovisuel en France. Depuis 2007, il est Président de l’Institut du Monde arabe à Paris.

Nabil Ben Yadir, jeune cinéaste belge d’origine maghrébine, a obtenu pour son premier film Les Barons(2009) un énorme succès. Avec humour et autodérision, il communique de manière admirablement nuancée un message de tolérance, malgré les tiraillements qui existent entre les traditions musulmanes et les valeurs occidentales modernes.

Roger-Philippe Bertozzi, philosophe et sociologue de formation, il exerce depuis plus de vingt ans un rôle actif dans les relations entre l’Europe et les pays arabes, notamment dans le domaine du commerce international, des stratégies politiques et de la communication. Depuis une quinzaine d’années, il conseille les Emirats arabes unis dans leurs échanges institutionnels et commerciaux avec l’Europe.

Malek Chebel, anthropologue et philosophe d’origine algérienne, il a également pratiqué la psychanalyse et enseigné dans de nombreuses universités. Essayiste et auteur de nombreux ouvrages spécialisés sur le monde arabe et l’Islam, créateur de l’expression « L’Islam des Lumières » (2004), il effectue une vaste enquête sur l’Islam européen et est connu pour ses prises de positions publiques en faveur d’un Islam libéral et d’une réforme impliquant les aspects les plus positifs de la modernité politique.

Edhem Eldem est historien et Professeur à la Faculté d’Histoire de l’Universitéde Bogazici de Istanbul. En 1989, il soutient sa thèse de doctorat sur le Commerce français à Istanbul au XVIIIe siècle, et enseigne ensuite à Istanbul, ainsi qu’à Berkeley et à Harvard comme professeur invité. Ses recherches et publications portent notamment sur le commerce et le monde bancaire du Levant, sur Istanbul à la fin de l’Empire ottoman, sur la culture funéraire ottomane et sur le peintre et muséologue Osman Hamdi Bey.

Bernard Coulie est Professeur et Recteur honoraire de l’Université catholique de Louvain. Docteur en Philologie et Histoire orientales, il est spécialiste du monde byzantin et des cultures du Caucase, principalement de l’Arménie et de la Géorgie. Il dirige plusieurs projets de recherches et a publié de nombreux livres et articles sur les auteurs grecs, la culture et l’identité arméniennes. Actuellement, il enseigne l’Histoire de la culture et de l’identité européennes.

Maimouna Guerresi, plasticienne italienne, explore différents supports artistiques, dont la photographie, la sculpture et la vidéo pour exprimer les frontières entre les cultures occidentales et orientales. Ses recherches sur le soufisme l’ont menée à la mise en scène des traditions et de la modernité, du rôle de la femme et de ses symboles. Ses oeuvres ont fait l’objet de nombreuses expositions internationales.

Edouard Jakhian, avocat et ancien Bâtonnier de Bruxelles. Que ce soit au niveau national ou international, il s’est distingué à la tête de nombreuses institutions professionnelles et fondations d’utilité publique, telles la Fondation belge de la Vocation ou la Fondation Bernheim. Soucieux de mettre son expérience au service d’actions destinées à conforter l’indépendance du barreau et du pouvoir judiciaire, à reconstruire une conscience civique et à promouvoir l’entreprise responsable, il combat également le négationnisme du génocide des Arméniens.

Henry Laurens, Professeur au Collège de France et titulaire de la chaire d’Histoire contemporaine du monde arabe, joue un rôle important dans le paysage universitaire international. Docteur en Histoire, il a notamment enseigné à la Sorbonne, à l’Université de Paris IV, à l’INALCO et a effectué de nombreuses missions dans les pays arabes et en Turquie. Il a également dirigé de nombreuses institutions ou départements scientifiques, dont le Comité national et le Conseil scientifique de l’Institut français d’Histoire du Temps présent au CNRS, le département d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de l’INALCO, le Centre d’Etudes et de Recherches sur le Moyen-Orient contemporain et l’Institut français du Proche-Orient de Beyrouth.

Gilbert Sinoué, écrivain célèbre à qui l’on doit de très nombreux romans, est né en Egypte. Très jeune, il arrive à Paris pour y apprendre la musique et y compose les paroles de chansons pour Isabelle Aubret, Claude François, Dalida, Jean Marais, Marie Lafôret, … Il devient ensuite romancier à part entière et remporte d’importants succès, dont celui du Livre du saphir et de L’Enfant de Bruges. Ses dernières publications confirment son talent de narrateur sensible à l’univers oriental et à son histoire mouvementée : Erevan qui évoque le génocide des Arméniens, et Le Souffle du jasmin, une fresque en deux volumes qui démontre, à travers l’histoire de quatre familles (juive, palestinienne, égyptienne et irakienne) comment une région du monde peut basculer dans la souffrance par l’aveuglement des hommes.

Abderrahmane Sissako, cinéaste et producteur d’origine mauritanienne, il étudie le cinéma à Moscou avant de s’installer en France. Très vite, ses films remportent de nombreux prix et s’imposent sur la scène internationale. En 2007, il figure parmi les membres du jury du Festival de Cannes, où son film En attendant le bonheur avait obtenu le Prix de la Critique internationale en 2002. Avec Bamako, réalisé en 2006, il confirme son talent d’exprimer de manière poétique et critique une réflexion sur la condition humaine contemporaine.

Didier Viviers est titulaire de la chaire du monde grec et Doyen de la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université libre de Bruxelles. En tant qu’archéologue, il dirige les fouilles du site d’Itanos (Grèce orientale), ainsi que la mission belge des fouilles archéologiques d’Apamée (Syrie) . Il a été professeur invité dans plusieurs universités françaises et est membre du Comité scientifique des Maisons des Sciences de l’Homme, de l’Académie royale de Belgique et de comités de rédaction de plusieurs revues belges et internationales.

Adelina von Fürstenberg, Suisse d’origine arménienne née à Istanbul, elle est une des premières spécialistes en art contemporain à s’être intéressée aux créateurs issus de cultures non-européennes et a organisé de nombreuses manifestations artistiques au niveau international. Convaincue que l’art et le cinéma constituent les outils les plus efficaces pour faciliter le dialogue entre les hommes, elle a fondé et préside ART of the World, une ONG associée au Département de l’Information publique de l’ONU. Actuellement, elle produit Then & Now, un film impliquant plusieurs cinéastes célèbres, mettant en évidence les liens historiques et spirituels entre différentes cultures et croyances.

Remerciements

La Fondation Boghossian remercie tous ceux qui ont contribué à l’organisation de ces rencontres internationales, principalement les orateurs et les modérateurs Sophie Basch et Roger-Philippe Bertozzi, la Région de Bruxelles-Capitale et la Communauté française de Belgique, La RTBF et la Loterie nationale, le Centre Flagey, l’Hôtel Conrad de Bruxelles, la Librairie Filigranes, Cinéart et la maison de production Entre Chien et Loup, ainsi que l’Institut MEDEA, Institut européen de recherche sur la Coopération méditerranéenne et Euro-Arabe pour ses conseils.

Ces rencontres internationales ont été coordonnées par Diane Hennebert, Chargée de la Direction de la Fondation Boghossian