La Fondation Boghossian inaugure sa première exposition immersive et numérique consacrée à la Alep, la cité millénaire.

Depuis 2012, la guerre civile syrienne ravage la ville d’Alep. Bombardements et combats au sol firent payer un lourd tribut à la population civile, mais également au patrimoine. On estime à plusieurs centaines le nombre d’édifices historiques endommagés ou détruits. Aujourd’hui encore il est difficile de répertorier ce qui a été perdu dans ces destructions et ce qui peut être sauvé.

Grâce à plusieurs missions de terrain en 2017, les équipes d’Iconem, spécialisées dans la numérisation du patrimoine menacé, sont parvenues à établir des modèles 3D de plusieurs monuments majeurs de la vieille ville d’Alep. Ce travail, en plus de sauvegarder virtuellement ce patrimoine et d’en permettre l’analyse à distance, rend accessible au grand public les vestiges martyrs de l’architecture syrienne.

Plongé dans une lente déambulation au sein des modèles 3D des principaux monuments d’Alep, le visiteur est confronté tour à tour à la dureté des dommages infligés au coeur historique de la ville et à la beauté des portions intactes de ces monuments.

Iconem

Fondée en 2013 par Yves Ubelmann, Iconem contribue à la conservation et la valorisation du patrimoine en danger en le numérisant pour l’exploration et l’étude. Son équipe travaille à travers le monde, associant des technologies complémentaires afin de s’adapter à tous les terrains : photogrammétrie, scan laser, scan à grande échelle via drones. La réalisation de modèles 3D photoréalistes des sites les plus précieux de notre patrimoine permet à la fois d’assurer leur défense ainsi que leur transmission au grand public.

Iconem réalise depuis quelques années des expositions numériques telles Cités millénaires, Institut du monde arabe, Paris, 2018 et From Mossoul to Palmyra, A Virtual Journey through the World’s Cultural Heritage, Bundeskunsthalle, Bonn, 2019. Ces expériences immersives permettent au public d’accéder à des sites patrimoniaux hors du commun.

« Une balade onirique qui donne l’impression au visiteur de léviter au-dessus des beautés anciennes de la capitale syrienne, et ce n’est pas anodin si l’on montre ici Alep, ville chère au cœur de Jean Boghossian, qui y a vu le jour. »

La Libre Belgique, 22 octobre 2020