L’exposition How will it end et les événements de la Fondation Boghossian sont accessibles uniquement sur présentation du Covid safe ticket

Après des actions humanitaires menées depuis 1998 en Arménie et au Liban, la Fondation Boghossian s’est également donné l’objectif de contribuer le plus concrètement possible au dialogue entre les cultures d’Orient et d’Occident. C’est dans ce but qu’elle a installé son siège à la Villa Empain, joyau de l’architecture Art déco bruxelloise. Après sa complète restauration, ce magnifique édifice a ouvert ses portes au public en avril 2010.

La Fondation Boghossian y propose des expositions, des concerts, des conférences, des rencontres internationales qui réunissent et confrontent certains aspects de ces différentes cultures.

L’art a pris une part essentielle dans cette démarche. Il faut comprendre ici l’art comme un langage universel, un moyen de communication entre différentes cultures, une volonté de partage et de dialogue qui traverse le temps et les frontières.

Parallèlement au lancement du prix annuel décerné à des jeunes créateurs libanais par la Fondation Boghossian, celle-ci avait pris l’initiative de présenter à Bruxelles une exposition offrant une vision significative de la scène artistique contemporaine au Liban.

L’exposition Art is the answer! proposait une sélection d’oeuvres réalisées par une vingtaine de créateurs témoignant de la vitalité de la scène artistique qui caractérise le Liban actuel.

Il s’agissait bien entendu d’une sélection limitée de l’actualité artistique libanaise, qui reflètait avant tout le souhait de permettre au public bruxellois de découvrir des artistes rarement exposés dans la capitale européenne et de lui faire prendre conscience de leurs spécificités autant que de leurs inspirations communes avec les artistes d’Occident.

Dans de nombreux pays arabes, la modernité artistique a mis du temps à sortir des scènes locales ou spécialisées et il a fallu attendre le début des années 2000 pour que se développe une véritable dynamique en faveur des créateurs orientaux.

Du côté arabe, l’art révèle désormais sa qualité d’instrument permettant d’exprimer les frustrations et humiliations vécues par des peuples dans la tourmente; du côté occidental, la peur face à des menaces terroristes se mêle de curiosité pour des cultures souvent méconnues. C’est dans ce contexte, que le Liban affirme ses singularités.

Pendant les années 1960, les guerres israélo-arabes et la profusion de régimes autocratiques voisins font de Beyrouth un havre de liberté et d’innovation.

Mais les années 1975-1976 se marquent de violence et c’est sous les bombes qu’une nouvelle génération va tenter de vivre et de s’exprimer.

Quinze années durant, le pays vit en rupture avec la normalité, écartelé entre des forces contradictoires et meurtrières. Les années 1990 sont placées sous le signe de la reconstruction. Le Liban veut tourner la page, l’Etat s’investit dans la réhabilitation des infrastructures et confie à une société privée l’élaboration d’un projet directeur pour le centre-ville de la capitale.

Dans le chantier de la future mégapole du XXIe siècle, nombreux sont ceux qui réclament un travail de mémoire. A la loi amnistiant les crimes de guerre, ils répondent par une volonté de documenter l’Histoire de ces années de guerre. S’amorcent ainsi des nouvelles pratiques artistiques : performances, installations, vidéos, musique, photographie et cinéma vont donner naissance à des expériences originales. Produites avec des moyens très réduits, ces expérimentations investissent des lieux insolites, parfois délabrés, et poussent le débat sur la place publique. Pierres angulaires des créations libanaises des années 1990 et 2000, l’investigation de l’Histoire récente et l’évocation de ses fantômes permettent d’exprimer tout un éventail de problématiques liées à la culture urbaine.

Au début des années 2000, le Liban revient brusquement à la une de l’actualité. De l’assassinat de Rafic Hariri aux manifestations qu’il provoque, de la guerre de juillet 2006 à la période d’instabilité qui risque ensuite de tourner en catastrophe, les spectres du conflit remontent à la surface. Restés au pays ou installés à l’étranger, les artistes vont réagir avec une rapidité déconcertante et diffuser, en simultané aux raids de l’aviation israélienne, des films courts, des dessins, des textes, des productions sonores et visuelles.

Nombre de ces pièces réalisées dans l’urgence seront exposées à travers le monde durant les mois qui suivront ces fameux trente-trois jours. De Dubaï à Sydney en passant par Londres, Venise et New York, le public est avide de voir et d’entendre ce que les Libanais ont à exprimer. La scène artistique libanaise réussit ainsi à imposer ses goûts, ses idées, ses peurs et ses rêves bien au-delà de ses frontières.

L’Occident la découvre avec fascination tandis que les pays du Golfe se lancent dans une surenchère de foires, de biennales artistiques et de nouveaux musées.

Les artistes libanais y sont invités avec tous les honneurs, alors qu’en 1990, ils n’étaient considérés que comme de jeunes agitateurs.

Cacher Afficher toutes les images